Et je prends. Et je m'en vais. En espérant que les messages
laissés du bout des lèvres soient clairs. Assez clairs pour être
pris au sérieux. Parler que du bout des lèvres parce que j'ai
peur des mots qui prennent des doubles sens de la bouche aux
oreilles. Peur des mots qui ne savent jamais prendre
l'importance qu'on essaie de leurs donner. Parler du bout des
lèvres et prendre comme on peut.
Prendre comme on vole. Autant qu'on en veut. Autant qu'on
en a besoin. Prendre et faire comme si rien n'était. Fermer les
yeux sur un moment merveilleux et s'endormir pour en faire
un rêve. Se réveillé sur la réalité et ne plus s'y retrouver.
Parler pour rien dire. Parler pour retenir. Mais jamais avec
les bons mots. Seulement parler pour parler. Taire
l'important et parler que de conneries. Comme pour nier tout
ce qui nous fait battre. Et s'y perdre à force de nier, à force de
faire semblant. A force de laisser le c½ur prendre sans lui
demander de payer. Ne plus s'y retrouver dans les factures.
Prendre. Prendre. Prendre. Et laisser l'avenir payer pour
nous.
En route pour l'avenir, marcher. Essayer de marcher droit,
d'avoir la tête haute et d'être fière. Mais être pris de panique
et se cacher. Se cacher des mots, de nos vols et des yeux de
ceux qu'on aime. Marcher sans savoir ou ça mène. Sans
savoir ce qui nous pousse, ni ce qui nous tire. Sans savoir
que je me poignarde dans le dos depuis le début, que je me
mens, que je me fais mal. Simplement parce que c'était plus
simple que d'être heureuse. Et là j'ai la chienne. Et là j'ai
peur. De pas être a la hauteur du bonheur.
Alors j'essaie d'en saisir un peu, du bout des lèvres, en attendant..
Puisqu'ils m'ont laissé la.
